Test Jawbone UP : un bracelet capteur d’activité agréable et efficace

Le bracelet capteur d'activité Jawbone UP.Vous les voyez certainement de plus en plus ces bracelets au poignet des personnes. Podomètres évolués, ces appareils, du fameux FuelBand de Nike aux divers modèles Fitbit, ces appareils, équipés de capteurs de mouvement, mesurent non seulement vos activités diurnes mais, pour certains même, la durée et la qualité de votre sommeil. Le Jawbone UP fait tout cela. J’ai testé surtout sa capacité à quantifier mes déplacements. Et j’ai adoré!

Bracelets Jawbone UP dans ses différentes versions de couleur.

Bracelets Jawbone UP.

Comparé à d’autres bracelets capteurs d’activité que j’ai eu à voir ou à tester, tels le précédent Nike FuelBand ou le Fitbit Flex, l’Up de Jawbone se distingue par un design réussi. Tel un petit serpent ou une queue de lézard, son corps en caoutchouc s’enroule autour du poignet et se porte confortablement, agréable au toucher. Et malgré les craintes du début, le bracelet se détend peu au cours du temps, et continue de ceindre la poignée encore assez fermement, du moins c’est ce que je constate après environ six mois. Même si je reste des jours, des semaines, sans porter le Jawbone UP. Aux extrémités du Jawbone UP se trouvent les deux seules parties métalliques du bracelet. A l’une il y a un bouton poussoir, à l’autre la capsule. Quand on la retire, une prise jack mâle se dévoile. C’est en la branchant directement sur le smartphone que les mouvements captés par le Jawbone UP sont transférés vers l’appli. Le bouton poussoir, quant à lui, permet le démarrage de telle ou telle activité. Je reviendrais sur cela plus loin.

Le bracelet capteur d'activité Jawbone UP avec sa prise jack. Ph. Moctar KANE.

Le bracelet capteur d’activité Jawbone UP avec sa prise jack. Ph. Moctar KANE.

Avant de bouger, bien récupérer
Avant d’aborder la fonction capture d’activité physique, en en particulier la mesure des distances de marche ou de course à pied, celle qui m’intéresse le plus, je vais quand même évoquer un des rôles du Jawbone. A savoir quantifier et qualifier votre sommeil. En effet, grâce à ses micro-capteurs, capables de déterminer les mouvements que vous imprimez à votre bras et donc au bracelet, le Jawbone UP sait déterminer certaines caractéristiques de votre sommeil. Pour cela, il faut quand même, au moment où vous allez vous coucher pour dormir, que vous appuyez longuement sur le bouton poussoir dont je parlais plus haut. A ce moment-là, près du bouton, sous le plastique, apparaît brièvement le dessin illuminé d’un quartier de lune bleue. Le bracelet, un court instant, se met également à vibrer. Le Jawbone UP passe alors en mode sommeil. Au réveil, vous devrez aussi appuyer longuement sur le bouton poussoir : la lune bleue va être remplacée alors par un soleil vert. Entre ces deux temps, le bracelet high-tech va enregistrer donc les mouvements amples ou légers que vous ferez. Et il va déterminer combien de temps il vous a fallu pour vous endormir et même délimiter les périodes de sommeil léger et celles de sommeil profond! Et si vous vous levez juste quelques instants (pour aller soulager votre vessie par exemple) il va le détecter et le rapporter plus tard sur l’appli. Dans ce cas, vous n’avez pas à appuyer sur le bouton. J’ai constaté la précision de cette détection! Par contre, curieusement, il me marque quasi invariablement que je mettais 11 minutes pour m’endormir. Mon horloge interne est-elle aussi précise que cela? Dans l’état, je ne peux vérifier si je m’endors vraiment, presqu’à chaque fois, au bout du même laps de temps, et ce quelque soit ma forme…

Affichage des données de deux nuits de sommeil dans l'appli Jawbone UP.

Affichage des données de deux nuits de sommeil dans l’appli Jawbone UP.

Autre fonction promise par le Jawbone Up : la programmation du réveil à l’heure optimum. Il serait capable, en tenant compte de la qualité de votre sommeil, de vous réveiller autour d’une heure prédéterminée, et précisément au moment où votre sommeil est plus léger. Et ce, afin d’éviter de vous déranger, de vous retirer des bras de Morphée pendant une phase de sommeil profond. Le bracelet possède aussi une fonction sieste réparatrice. En tenant compte de vos sommeils précédents, il choisit la durée de sieste nécessaire pour une meilleure récupération. Ces fonctions réveil et sieste réparatrice sont paramétrables à partir de l’appli. A vous de voir si tout cela peut vous aider à mieux récupérer. Au final, un meilleur sommeil cela peut vous aider à mieux courir, non?

Paramétrage dans l'appli Jawbone UP du mode "sieste récupératrice".

Paramétrage dans l’appli Jawbone UP du mode « sieste récupératrice ».

Objectif : des pas par dizaines de milliers
Il faudrait, c’est en tout cas ce qui est généralement conseillé, au minimum 10 000 pas par jour pour aider à se maintenir en forme. Ces pas étant exécutés en marche ou en course. Je pense que les podomètres du type Jawbone, Fitbit et autres sont avant tout destinés à Monsieur et Madame tout le monde. Pas aux sportifs réguliers. Pour ceux qui courent régulièrement, par exemple trois fois par semaine, cette limite peut être facilement atteinte. De ce que j’ai remarqué, 10 000 pas équivalent à une distance d’environ 8 km. A mon avis, ces podomètres sont des instruments, des outils de motivation.

Paramétrages des objectifs de pas et de sommeil quotidiens dans l'appli de Jawbone UP.

Paramétrages des objectifs de pas et de sommeil quotidiens dans l’appli de Jawbone UP.

Au cours ou en fin de journée, vous pourrez, en branchant le Jawbone sur le smartphone, voir où vous en êtes de votre performance, en lançant l’application associée (iOS ou Android). Une appli très bien faite. Elle est belle, intuitive, claire. Après avoir récupéré les données du bracelet, l’appli affiche un graphe qui résume l’évolution du nombre de pas faits, à travers des traits verticaux plus ou moins allongés et étalés le long de la journée. Au dessus, est marqué le nombre de pas faits pendant cette journée. En touchant du doigt, le graphe bascule vers une vue plus grande et plus détaillée. Sont indiqués aussi le pourcentage de pas atteint par rapport au seuil à atteindre, le nombre de calories brûlés, la durée de l’activité maximale, la durée d’inactivité maximale, … Et en baladant son doigt le long du graphe on affiche l’heure correspondante à telle ou telle intensité d’activité. Un autre mode montre aussi vos activité le long des semaines, des mois. Encore une fois, tout cela est très bien représenté. C’est une des différences notables avec l’appli de Fitbit, à mon avis.

Affichage de l'activité de la journée dans l'appli Jawbone UP.

Affichage de l’activité de la journée dans l’appli Jawbone UP.

Affichage des tendances dans le temps des activités physiques et du sommeil dans l'appli Jawbone UP.

Affichage des tendances dans le temps des activités physique/sommeil par l’appli Jawbone UP.

Affichage des activités en mode "ligne de vie" dans l'appli de Jowbone UP.

Affichage des activités en mode « ligne de vie » dans l’appli de Jowbone UP.

La précision du comptage
Je me suis amusé à comparer le nombre de pas compté par le Jawbone UP, par le Fitbit Flex et par le dernier iPod mini. Et oui, ne le saviez-vous pas, l’iPod mini a un podomètre intégré. Je précise que je laissais le petit baladeur dans la poche. Et en général, j’enclenchais la fonction podomètre d’Apple (élaborée avec Nike) quasiment en même temps que je portais les bracelets. Les quelques pas en plus que j’aurais pu faire au début de la journée avec le Fitbit ou le Jawbone Up n’ont altéré que très peu le résultat, vu le nombre final de plusieurs milliers (de pas)…
Premier constat : apparemment le Jawbone UP compte un nombre de pas inférieur à celui du Fitbit Flex. Un jour, il comptait ainsi 9679 pas contre 10393 pour le Fitbit, soit une différence d’un peu moins de 7%. Aprés une course d’entrainement, le Jawbone Up comptait 11340 pas et le Fitbit Flex 14660, soit un écart de plus de 22 %. Un autre jour, 12821 contre 14944, soit un écart supérieur à 14%. Ces différences sont quand même excessifs. Lequel des deux bracelets est plus précis? Je dirais le Jawbone Up. Car l’iPod mini, quoique transporté dans la poche, se basant donc sur des mouvements du corps différents, a trouvé plusieurs fois pourtant des valeurs proches du Jawbone. Ainsi un jour, le baladeur a enregistré 8992 pas et le Jawbone Up 9476 : une différence d’environ 5%. Un autre jour (où j’ai beaucoup couru et pas mal marché), l’iPod a enregistré 25862 pas et le Jawbone 25987, soit une différence inférieure à 1%… Et en plus le premier a estimé la distance parcourue ce jour-là à 24,19 km, et le second à 24,29 km, soit un écart de seulement 100 m! Bravo!

Résultats comparés d'une journée d'activité entre le Jawbone UP et l'appli Fitness Apple/Nike de l'iPod mini.

Résultats comparés d’une journée d’activité entre le Jawbone UP et l’appli Fitness de l’iPod mini.

Une appli ouverte aux autres
Tout comme l’application du bracelet concurrent Fitbit, le Jawbone Up intègre un certain nombre de données enregistrées par d’autres applications sport, bien-être ou santé. Jusqu’à ce jour, il y 13 applis de ces genres-là.

Applications sport et bien-être pouvant être associées à l'appli Jawbone UP.

Applications sport et bien-être pouvant être associées à l’appli Jawbone UP.

Parmi les applis se trouve le fameux RunKeeper (testé sur HTO). Ainsi, les sessions d’entraînement que vous pouvez faire avec RunKeeper, par exemple la course à pied ou le vélo, vont apparaître dans l’historique de vos activités quotidiennes de l’appli de Jawbone UP. Et cela même si vous n’aviez pas le bracelet à la poignée : la session sera transférée quand même dans l’appli Jawbone. En plus du nombre de pas (si c’est une course ou une randonnée par exemple), de la vitesse moyenne, du nombre de calories dépensée, vous aurez sur un fonds de carte le tracé de votre parcours. Dommage cependant, la carte affichée n’est pas explorable : il s’agit juste d’une capture d’une carte. Et j’ai remarqué aussi que, par deux fois, lors de sorties longues de course à pied de 16 et 20 km enregistrés par RunKeeper la carte n’était pas affichée dans l’appli Jawbone. Je ne sais pourquoi. Autrement, je trouve cette association avec des applis tierces très intéressante.

Deux activités, enregistrées par RunKeeper et affichées dans l'appli Jawbone UP. Et la seconde affichée dans la première appli.

Deux activités, enregistrées par RunKeeper et affichées dans l’appli Jawbone UP. Et la seconde affichée dans la première appli.

Affichage dans l'appli Jawbone UP de deux courses à pied enregistrées par l'appli RunKeeper : la carte, ici, est absente.

Affichage dans l’appli Jawbone UP de deux courses à pied enregistrées par l’appli RunKeeper : la carte, ici, est absente.

Une grande autonomie
La prise jack au bout du bracelet, certains auraient préféré la voir disparaître. En plus d’échanger des données avec le smartphone, elle sert aussi à recharger le bracelet en le branchant sur un adaptateur USB spécifique. Une liaison Bluetooth pour l’échange de données, comme le fait Fitbit, aurait rendu le bracelet plus pratique? Peut-être. En tous cas, je me demande si cela n’aurait pas diminué sensiblement l’autonomie du Jawbone UP, autonomie qui est très bonne. Le fabricant annonçait 10 jours. Et c’est vrai, je l’ai vérifié. J’ai pu, pour un voyage de neuf jours, partir avec un bracelet complétement chargé et l’utiliser jusqu’à mon retour!

Bien d’autres fonctions

Qui ne reste pas pendant des heures et des heures, et quelques fois sans discontinuité, assis à son bureau, souvent devant son ordinateur ? Pour lutter contre cette immobilité physique, un réel fléau des temps modernes, le Jawbone UP a une fonction très intéressante : un avertisseur d’inactivité. Vous pouvez programmer une période, disons une heure, au bout de laquelle le Jawbone Up va vibrer s’il remarque que vous ne bougez pas trop. C’est vraiment-là une bonne idée, car assis, attiré par l’écran, le temps peut filer très vite sans qu’on s’en aperçoit.
Évidemment, à l’heure des réseaux sociaux, il est possible de partager avec sa communauté le compte-rendu de ses activités.

Paramétrages du mode partage des activités dans l'appli de Jawbone UP.

Paramétrages du mode partage des activités dans l’appli de Jawbone UP.

Entre autres fonctions de la Jawbone, il y a l’enregistrement du contenu de ses repas et l’affichage de conseils d’hygiène. Je n’ai pas expérimenté ce côté-là. Il y a aussi la fonction chronomètre, à utiliser avant de faire une course par exemple. Pour le lancer ce chronomètre, il faut appuyer et ré-appuyer le bouton-poussoir d’une certaine façon. J’ai essayé plusieurs fois et je trouve pas cela facile. De même pour configurer la sieste récupératrice. Certes, piloter facilement plusieurs fonctions avec un seul bouton n’est pas facile, mais je dois dire que c’est bien-là les maniements les moins aisées constatées lors du test de ce Jawbone UP.

Prix
130 €

J’aime
La facilité d’utilisation.
Le design du bracelet.
La superbe interface de l’application.
La qualité des graphes d’activité.
La grande autonomie.
La possibilité d’associer des applis de sport et de bien-être.
L’alerte de période d’inactivité.

Je n’aime pas
L’emploi difficile du bouton pour certaines fonctions (sieste, chronomètre).
L’impossibilité d’explorer une carte du tracé enregistrée par RunKeeper (pour pinailler).

Conclusion
Le Jawbone UP, à mon avis, atteint son objectif : rendre facile l’usage d’un podomètre très évolué. J’ai beaucoup apprécié l’emploi de ce bracelet capteur de mouvements, à l’exception de certaines fonctions (telles le chronomètre, le mode sieste réparatrice entre autres) que je trouve difficiles à mettre en œuvre. Néanmoins, une fois déterminé son niveau habituel d’activité et de déplacement pédestre (entre marche et course), je pense qu’on peut s’en passer, surtout quand on est un coureur régulier. Il n’en demeure pas moins que ce Jawbone UP reste un formidable outil de motivation, un catalyseur potentiellement utile au quotidien à ceux et celles qui manqueraient d’activité physique et qui voudraient démarrer un nouveau combat contre leur trop forte sédentarité.

Moctar KANE.

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